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La formulation de la question

Au commencement de toute interprétation géomantique, il y a une question, exprimée avec précision, et dont on cherche la solution. Celle-ci devra être posée d’une manière aussi claire que possible, et toujours dans un sens positif.

Il s’agira bien souvent de questions binaires, univoques, dépourvues d’ambiguïté, et pouvant être répondues par oui ou par non.

Toute la délicatesse consistera dès lors pour le Géomancien à assister le Questionneur dans la formulation de sa question, afin d’être bien assuré de toucher au cœur de ses préoccupations du moment.

Dans les cas plus complexes d’interrogations multiples, vous aurez soin de procéder à plusieurs interprétations consécutives, en déclinant autant de questions particulières qu’il conviendra.

L’objet de la question devra porter sur des considérations pratiques et concrètes de la vie courante, en lien avec une situation contemporaine au tirage, dont l’issue est proche, pour laquelle plusieurs issues réalistes sont envisageables, et sans qu’aucune n’ait de réelle ascendance sur les autres.

De fait, aux questions vagues et générales telles que : « ai-je une chance de rencontrer un jour le prince charmant ? », vous préférerez une formulation  plus spécifique et ciblée du type : « la relation initiée avec untel va-t-elle évoluer prochainement vers une union sérieuse ou s’éteindre lentement ? ».

Vous privilégierez en outre des questions telles qu’elles appelleront des conseils d’action, et favoriseront l’aide à la prise de décision. Plutôt que de demander par exemple : « est-ce qu’une telle affaire se conclura par un accord fructueux ? », vous serez mieux avisé de formuler : « est-il judicieux d’initier tel projet de rapprochement commercial ? », afin de favoriser l’émergence de solutions au moment de l’interprétation.

Vous vous méfierez également des questions ambiguës ou étant déjà répondues dans l’esprit du questionneur. Ce sera une chose en effet de demander « si telle prise de poste s’accomplira sans embûches », et une autre de s’interroger sur « l’intérêt même d’accepter telle opportunité professionnelle ». Dans le premier cas, la décision aura déjà été arrêtée dans l’esprit du Questionneur, inquiet de surcroît des conséquences de son choix, tandis que dans le second, le processus de décision sera précisément l’objet de la question.

Vous éviterez enfin les questions multiples ou à tiroirs, de celles appelant des réponses elles aussi plurielles et multithématiques. Plutôt que de demander si « untel arrivera sain et sauf d’un long voyage et s’il en tirera un récit autobiographique », vous questionnerez successivement les deux domaines du voyage, et de l’écriture, déployés en deux thèmes bien distincts.

Une fois la question clairement formulée, vous l’écrirez en haut d’un feuillet vierge avec l’heure et la date de consultation, lequel vous servira de support lors des travaux ultérieurs d’érection du thème.

Le jet de traits

Vous débuterez le montage du thème géomantique par ce que l’on a coutume d’appeler la projection des traits et qui consistera à tracer à l’aide d’un simple crayon et d’une feuille de papier, seize lignes de bâtonnets au hasard, de longueur inégale, et sans les compter.

Le tracé des traits se fera de manière inconsciente, sans réfléchir, et sans que l’esprit ne se détache jamais de la question posée.

S’il importe de ne pas compter le nombre de traits pour chaque ligne, vous essaierez malgré tout d’en tracer approximativement sept à vingt par ligne, ceci afin de préserver la qualité aléatoire de l’opération.

Vous aurez au préalable inscrit au sommet de votre feuille l’énoncé clair et univoque de la question posée à l’oracle, et aurez pris soin de vider votre esprit suffisamment afin qu’il ne soit pas troublé par les tracas de la contingence ordinaire.

Vous opérerez dans un environnement calme et préservé de toute perturbation susceptible de vous distraire de votre travail de concentration mentale.

Vous tracerez des petits traits verticaux sans décoller votre main de son support, comme lors d’une écriture automatique, en ayant toujours à l’esprit l’objet de la question posée.

Vous obtiendrez ainsi et sur un même feuillet seize lignes de traits, que vous regrouperez ensuite en quatrains, soit quatre lignes par quatre lignes, en partant naturellement de la première.

Chaque quatrain donnera naissance à une figure Mère, qui seront celles les premières à peupler le thème géomantique.

L’origine des Mères

Pour transformer un quatrain en tétragramme géomantique, vous déterminerez la parité de chaque ligne qui le compose comme suit :

  • Relier deux par deux les traits et observer le reliquat en bout de ligne.
  • S’il reste deux traits, la ligne est paire et vous inscrirez deux points à côté de celle-ci.
  • S’il reste un seul trait, la ligne est impaire et vous inscrirez un point unique à côté de celle-ci.
  • Une fois l’opération répétée pour les quatre quatrains, vous devriez obtenir quatre figures.

Vous pourrez dès lors commencer à compléter le thème à l’aide des quatre figures Mères obtenues, ici : Puer (I), Acquisitio (II), Via (III) et Rubeus (IV), lesquelles viendront se disposer dans les quatre premières maisons en partant de la droite, et comme illustré sur l’image ci-dessous.

L’origine des Filles

Les figures des Filles seront obtenues non par calcul, mais translation de celles des Mères, dont elles dérivent ; elles ont donc en réalité déjà été créées, simultanément à celles des Mères, et lors du jet de traits initial.

Vous les découvrirez par lecture horizontale et sinistroverse (de droite à gauche) du carré formé par celles des Mères.

Dans notre exemple, les quatre Filles obtenues sont : Amissio (V), Via (VI), Albus (VII) et Cauda Draconis (VIII).

 

La première Fille héritera ainsi des points de tête ou ligne de Feu des Mères, la seconde des points de cœur, et ainsi de suite jusqu’à la quatrième. Vous les disposerez dans les quatre Maisons suivantes du thème géomantique, et toujours de droite à gauche.

La copulation géomantique

Toutes les autres figures du thème, de la neuvième à la seizième, seront obtenues par ce que l’on a coutume de nommer la copulation géomantique. Les expressions : « couplage », « fusion », « addition », « réduction » ou encore « sommation » géomantique sont également d’usage courant.

La copulation géomantique donne toujours naissance à une nouvelle figure, à partir de deux autres, pour former une triplicité. Vous pratiquerez cette opération :

  • lors du montage initial du thème, au moment de générer les figures des Nièces, des Témoins, du Juge et de la Sentence ;
  • lors de l’étude des relations mutuelles entre deux figures à l’intérieur du thème ; (notamment des Significateurs ; voir le Chapitre 4).

La copulation géomantique revient à effectuer une addition à deux opérandes que sont :

  • le bipoint (2 ; pair ; [* *]) ;
  • le point simple (1 ; impair ; [*]).

Si l’on considère la première Nièce comme étant la résultante de la fusion géomantique entre la première et la seconde Mère, il conviendra d’additionner les points de chaque rang de celles-ci pour l’amener à l’existence.

  • 1 + 2 = 3, impair donc je retiens 1 point.
  • 1 + 1 = 2, pair donc je retiens 2 points.
  • 2 + 2 = 4, pair donc je retiens 2 points.
  • 1 + 1 = 2, pair donc je retiens 2 points.

Le mécanisme consistera ainsi qu’il vient d’être exposé à inscrire un ou deux points, selon que le résultat de l’addition sera impair ou pair.

Dans l’exemple précédent, la Mère 1 – Puer (1, 1, 2, 1) additionnée à la Mère 2 – Acquisitio (2, 1, 2, 1) donne la nouvelle figure Nièce 1 – Laetitia (1, 2, 2, 2).

L’addition de deux signes identiques donnera toujours lieu à un bipoint, tandis que deux signes différents produiront un point simple ; (à l’identique du OU exclusif binaire (XOR) des informaticiens en logique binaire).

Vous consulterez à profit le Chapitre 9 relatif aux Paternités de figures, lequel détaille le sens symbolique produit de l’union de deux figures, selon les Maisons qu’elles occupent, et leurs significations fondamentales.

L’origine des Nièces

Les figures des Nièces s’obtiendront par ce mécanisme d’addition géomantique, au respect d’un ordre strict et constant.

Ce qui nous donne dans notre cas d’exemple les quatre nouvelles figures des Nièces suivantes : Laetitia (IX), Puella (X), Acquisitio (XI) et Fortuna Minor (XII), que nous pouvons dès lors disposer dans le thème comme représenté ci-dessous.

Le Tribunal

La dernière triplicité du thème sera déterminée par un mécanisme identique de sommation des Nièces pour engendrer les Témoins, puis de ceux-ci pour établir la figure du Juge.

Vous disposerez selon ce procédé les figures du Témoin droit (13) – Fortuna Major, du Témoin gauche (14) – Carcer, et du Juge (15) – Amissio.

La Sentence

La figure de la sentence sera quant à elle le fruit de l’union du Juge avec la figure de l’Ascendant, en Maison I

Dans notre exemple, cela revient à fusionner la figure Amissio du Juge, avec la figure Puer du Questionneur, pour révéler la Sentence Caput Draconis en case 16.

Au terme de toutes ces opérations, vous serez en possession de la distribution complète des seize figures composant le calligramme géomantique, et en capacité d’en effectuer le montage intégral ; notez à nouveau que la figure complémentaire de la Sentence se placera toujours en dehors du champ de l’écu géomantique.

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